Aurélie Hoffmann a grandi à Saverne, au pied des Vosges. Fille d'un menuisier et d'une institutrice, elle a toujours eu les mains dans la matière. Après un bac arts plastiques aux Pontonniers à Strasbourg, elle intègre les Beaux-Arts de Strasbourg en section sculpture-céramique. Cinq ans d'études, un mémoire sur le wabi-sabi dans la céramique utilitaire contemporaine, et une certitude : la terre est sa matière.
En 2017, elle part six mois au Japon — à Bizen, dans la préfecture d'Okayama, l'un des berceaux historiques du grès japonais. Elle travaille dans l'atelier d'un maître potier, apprend la cuisson au four à bois anagama, découvre la beauté des pièces marquées par les flammes et les cendres.
"Au Japon, on m'a appris qu'un bol raté n'existe pas. Un bol qui s'est déformé à la cuisson, c'est un bol qui a trouvé sa propre forme."
De retour en France, elle transforme l'ancien atelier de menuiserie de son père (à la retraite) en atelier de céramique. Elle construit son propre four à bois avec l'aide d'un ami briquetier. Première cuisson en 2020 — 12 pièces sur 30 survivent.
"Ma première cuisson, en 2020, j'ai mis 30 pièces dans le four. 12 ont survécu. J'ai pleuré. Mon père m'a dit : 'le bois aussi, ça casse au séchage, c'est la matière qui décide'. Maintenant mon taux de casse est autour de 15 %, mais chaque cuisson, il y a une pièce qui me surprend — en bien ou en mal."
Aujourd'hui, Aurélie tourne et modèle chaque pièce à la main, prépare ses émaux à partir de cendres du four et de terres locales, et cuit environ six fournées par an — chaque cuisson produit 80 à 120 pièces.